Syndrôme du foie gras : attention au fructose ajouté !

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Qu'est-ce que le fructose, et où en trouve-t-on ?

Le fructose est le sucre que l’on trouve dans les fruits et dans le miel à l’état naturel. Sous cette forme et consommé en quantité raisonnable, il ne pose pas de problème à l’organisme.

Mais il est utilisé par l'industrie pour sucrer de nombreux aliments, pur ou associé à du glucose (sirop de glucose-fructose, sirop de maïs à haute teneur en fructose, parfois "masqué" sous le terme de HFCS sur les étiquettes). Il a remplacé peu à peu le sucre « normal » – le saccharose issu de la betterave ou de la canne à sucre – en raison de son plus grand pouvoir sucrant pour un coût inférieur, ce qui  le rend très attractif pour les industriels. Depuis plus de 50 ans, l’industrie alimentaire utilise l’amidon de maïs pour en faire des sirops de  fructose-glucose, qu’elle intègre dans les sodas, les boissons sucrées, les laits aromatisés sucrés, les boissons énergétiques, les pâtisseries industrielles, certains pains, les biscuits fourrés aux fruits, les glaces et les crèmes glacées, les yaourts, les crèmes desserts, les confitures, les pâtes de fruits, les barres de céréales et chocolatées, mais aussi dans les sauces, le surimi, les plats préparés et la charcuterie bas de gamme. Sans oublier que le fructose est également présent dans le saccharose (le sucre de table), celui-ci étant composé à parts égales de fructose et de glucose, on le trouve donc partout ! Les scientifiques ont noté que la forte augmentation du fructose dans l'alimentation moderne suit très exactement le développement de l’obésité des pays occidentaux.

Ainsi, les quantités de fructose insidieusement consommées par le biais des produits transformés ne cessent de s’accroître et dépassent très largement notre capacité naturelle (assez faible, mais variable selon les individus) à métaboliser ce sucre dans de bonnes conditions.

Quel est le problème ?

Le fructose est métabolisé dans le foie. Dans les fruits, le sucre (fructose ou autres) est toujours associé à d’autres nutriments qui favorisent sa bonne assimilation. Par exemple, on trouve des fibres qui ralentissent l’absorption et des oligo-éléments (chrome, magnésium, etc.) qui aident à métaboliser les sucres. Le fructose ajouté, lui, arrive en surplus, non accompagné de ces autres substances alimentaires qui accroissent nos capacités de métabolisme.

Chez l’animal, il est maintenant bien démontré que l’ajout de fructose dans la diète, en particulier dans l’eau à boire, augmente la synthèse de gras, les taux de gras sanguins (en particulier les triglycérides), la résistance à l’insuline et l’obésité (surtout abdominale).

Des études ont donc été conduites chez l'Homme pour vérifier l'effet des sucres ajoutés sur notre métabolisme. Les résultats sont encore plus prononcés pour le fructose que pour le glucose :

  • Augmentation du tour de taille
  • Augmentation du gras abdominal et viscéral
  • Augmentation du mauvais cholestérol et des triglycéridesAccumulation de graisse dans le foie (stéatose hépatique non alcoolique, ou "foie gras")

Ces conséquences directes peuvent conduire au surpoids et à l'augmentation du sucre sanguin (glycémie), augmentent le risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires.

Aux Etats-Unis, 30 à 50 % des adultes seraient touchés par ce syndrome du « foie gras ». Si le fructose est moins présent dans l'alimentation des Français qu'outre-Atlantique, un adulte sur cinq serait concerné, selon les estimations des experts. « Nous avons plein d'exemples de patients qui ne boivent pas une goutte d'alcool, n'ont jamais eu d'hépatite virale, et qui se voient diagnostiquer une cirrhose avec pour seul facteur de risque, le fait qu'ils boivent plusieurs sodas par jour », rapporte Lawrence Serfaty, hépatologue à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, interrogée par Le Figaro.

Les médecins tirent la sonnette d'alarme : alors que de nombreux risques inhérents au surpoids sont surveillés de près, la fonction hépatique se détériore souvent silencieusement. Jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Que faire ?

Une étude de mars 2015, conduite sur des enfants, montre que ce phénomène est réversible : « La conversion de sucre en graisse dans le foie (...) pourrait être un mécanisme pathogène important chez les enfants, conduisant à l’accumulation graisseuse au niveau du foie mais qui pourrait être inversée par la restriction de fructose » explique le Dr Jean-Marc Schwarz. Autrement dit, en limitant, voir supprimant, cet apport de fructose "libre". L'amélioration est déjà perceptible au bout de 10 jours de restriction. Alors, réagissez dès maintenant !

La "recette" est simple et (relativement) facile à appliquer : manger de tout, en quantités raisonnables, en évitant les denrées industrielles au profit des aliments les plus naturels possibles (produits frais, céréales complètes ou semi-complètes, sucre roux ou rapadura...) et cuisinés par vos soins.

Bon appétit !